Depuis 1850, les femmes se sont battues pour le droit de voter, de conduire ou encore de travailler. Même si de nombreux progrès ont été faits, le combat continue. Voici les 10 principales revendications féministes mondiales actuelles.
Une charge mentale moins lourde pour les femmes
La notion de charge mentale concerne ici la sphère personnelle, notamment dans les couples hétérosexuels. En 2017, moment où le mouvement MeToo est relancé, les dénonciations de répartition inégale des tâches domestiques inondent les réseaux sociaux. Les femmes mettent en avant la pression ressentie quant au travail domestique porté sur leurs épaules. Elles appuient également sur la préoccupation permanente de cette charge, même en dehors du temps d’exécution. Celle-ci entraîne des répercussions morales et psychologiques. Les militantes rappellent en effet, que les tâches domestiques ne s’arrêtent pas aux lessives, au ménage et à la cuisine. Elles relèvent aussi des tâches éducatives.
La sécurité en lieu public lorsqu’on est une fille
Sifflements, insultes, intimidation… le harcèlement de rue est un fardeau aujourd’hui dénoncé. Pouvoir occuper l’espace public en sécurité est une des revendications les plus récentes. Elle a donné lieu à la mise en place de sanctions pour « tout comportement ou pression à caractère sexiste ou sexuel » par le biais d’amendes et de stages de sensibilisation à l’égalité homme/femme. Même si des condamnations ont été mises en place en France et dans certains pays anglo-saxons, le harcèlement dans la rue reste tout de même en marge des préoccupations. Au Japon par exemple, des wagons sont dédiés aux femmes durant les heures de pointe.

Le pouvoir de dire non aux hommes
Une femme qui dit « non » ne veut pas dire « oui ». Cette revendication fait écho aux abus sexuels et à la culture du viol, véhiculant certains stéréotypes sur les femmes et leur désir sexuel. Les militantes appuient également sur le fait qu’il n’y a aucune excuse valable pour violer. Peu importe ce qui a pu être dit ou fait, si la victime dit « non » aux avances et que l’agresseur persiste, c’est un viol. La façon de s’habiller ou de se maquiller ne doit en rien excuser un quelconque abus sexuel physique ou moral. Les violences sexuelles doivent cesser d’être érotisées, banalisées et excusées.
Le droit à l’hygiène menstruelle
Les menstruations constituent encore aujourd’hui un sujet tabou. Pourtant indispensables à la reproduction humaine, les femmes réclament une déstigmatisation du sujet et surtout l’accès à la protection menstruelle. Si les serviettes et tampons sont moins taxés qu’auparavant, ils devraient être considérés comme produits de nécessité et accessibles à toutes. À New York, l’accès à la protection menstruelle est gratuit dans les écoles publiques, les refuges pour les sans-abris et les prisons. L’Écosse, elle, a été la première à mettre à disposition ces moyens de protection gratuitement. En France, quelques entreprises s’y mettent, mais il a encore beaucoup à faire.
Désexualiser la femme dans les médias
Publicités, clips vidéo, photos de magazine… tous mettent en avant le corps de la femme. La vision de « la femme objet » a quelque peu évolué depuis les années 2000. Néanmoins, les médias montrent toujours la femme comme étant au service des désirs de l’homme. Il est en effet moins courant de voir une femme médiatisée pour son savoir ou ses accomplissements intellectuels. Les militants.es revendiquent donc une égalité médiatique des hommes et des femmes.
L’égalité homme/femme au travail
La non-mixité au travail et les inégalités salariales composent l’une des plus fortes revendications féministes depuis déjà quelques années. Par ailleurs, les postes à responsabilité seraient majoritairement occupés par des hommes. Les femmes revendiquent une reconnaissance égale des aptitudes et de la crédibilité pour un poste. Elles réclament également la suppression des inégalités salariales lorsque cela n’est pas justifier par des compétences non équivalentes. Le milieu politique fait aussi l’objet de cette revendication de reconnaissance, avec une volonté d’avoir plus de femmes au pouvoir.
Concilier travail-école-famille pour les mères de famille
De part la surcharge des tâches domestiques et éducatives portées par les femmes, leur épanouissement professionnel s’en révèle impacté. Une revendication de conciliation travail-école-famille est donc menée. Cela passe par exemple par l’extension du congé paternel et par l’augmentation du nombre de places en crèche. Par ailleurs, les questions posées lors des entretiens d’embauche comme « Comptez-vous avoir un enfant ? » doivent être bannies, faisant l’objet de discrimination.
Choisir son nom de famille
Depuis 1986, le droit français permet une certaine souplesse quant à l’administration du nom de famille lors du mariage. Ainsi, chaque époux peut choisir de porter le nom de son conjoint ou bien de l’associer avec le sien dans l’ordre qu’il/elle souhaite. Les revendications féministes ont pour objet d’informer davantage la société sur le sujet. Cela éviterait selon elles, que le nom serve de moyen de pression par le conjoint qui souhaite parfois imposer le sien à son épouse.
Éduquer les futures générations sur le droit des femmes
Toutes les revendications mentionnées au-dessus n’auraient pas existé si une éducation prônant l’égalité homme/femme avait été donnée. Les féministes revendiquent une éducation, sensibilisant à l’égalité professionnelle, juridique et sociale des femmes et des hommes. Les futures générations doivent également être sensibilisées aux violences sexuelles et au harcèlement en comprenant les enjeux et conséquences qu’ils peuvent avoir. Cet enseignement peut être donné par des éducateurs dédiés et des associations, s’inscrivant dans le programme scolaire. Il est également important d’intégrer la femme au même titre que l’homme dans les livres, sans privilégier les « grands hommes » par rapport aux « grandes femmes » de l’histoire.

Le chemin est encore long pour que ces revendications soient entendues intégralement, mais le féminisme avance pas à pas. Nous voyons depuis quelques années un recule des clichés féminins ou idées reçues qui n’ont aujourd’hui plus leur place dans la société. Les femmes revendiquent une égalité parfaite et une reconnaissance de leur importance dans la société sans jouer aux victimes méprisées.